L'avez-vous déjà vu quelque part ?

La dernière fois que j'avais vu ED en chair et en live, c'était en 91 ou 92, la tournée de l'album " Paris ailleurs " qui avait précédée la sortie de " Daholympia ". A l'époque, il chantait ( faux ) avec trois micros scotchés les uns sur les autres. Le spectacle était insupportable et à l'instar de deux amis qui finirent la soirée au bar du Zénith de Toulon, je faillis quitter la salle plus d'une fois. Je m'en empêchais néanmoins car, après tout, j'avais payé ma place, mais je jurai par tous les Dieux qu'on ne m'y reprendrait plus. Je suivrai désormais les aventures studio de notre plus grand popdandysinger national en m'épargnant la scène. Ma compagne, elle même grande fan, ne l'avait jamais vu en concert, à cause de tout un tas de gens comme moi qui lui avait fait mauvaise publicité de ses navrantes performances scéniques du début des nineties.
Hé bien, il faut croire que le Daho de cette époque est bel et bien mort et autant parler franchement d'une "réserection" ! Même si ce portrait de Dorian Gray ambulant a enfin pris un petit coup de vieux, la cinquantaine visiblement épanouie, il dégage de la testostérone à des kilomètres à la ronde, ( en fait, c'est un peu une bite géante qui chante en carressant régulièrement son torse glabre et dénudé sous sa veste en cuir Agnès B. ) et aligne ses morceaux de sa voix profonde et suave avec aisance et décontraction en les entrecoupant de moultes anecdotes fortes intéressantes. Comme il le dit lui même, il a appris à faire des phrases et est devenu un peu plus loquace.
Bref, deux heures d'émotion brute malgré un prix un peu élevé ( 50 euros la place mais le sieur ne joue que dans des petites salles ou des théâtres, donc pour ceux qui aiment se trémousser, ça le fait moyen, mais côté intimité, on est plutôt servi). Un bon survol de son riche répertoire malgré l'impasse totale de l'album Réévolution, de bons musiciens (il sait toujours bien s'entourer), mention spéciale aux trois nymphes super sexy en robes de soirée et violons/violoncelle. Comme toujours, des arrangements précieux et chiadés au millimètre. Et putain, j'ai même versé ma larme sur Epaule Tatoo ( ha, ma jeunesse qui fout le camp ).
Croyez moi, Daho est un vrai performer ! Si,si...